Monday, April 20, 2009

Paraître sexiste serait-il un ingénieux calcul politique?

Je n'aime pas beaucoup Ségolène Royal. Je n'aime pas non plus forcément une femme politique parce qu'elle est une femme. Jusqu'ici rien d'inédit, tout le monde le sait.

Ceci étant dit, je viens de penser à un truc, et peut-être ais-je tort d'analyser les choses de cette manière, mais voilà ce que je me suis dit récemment. Lorsqu'une remarque sexiste est émise à l'encontre d'une femme politique, l'on s'accorde tous à dire que c'est intolérable parce que, donc, sexiste.
Du coup - et je ne dis pas que ça n'est pas nécessaire dans une certaine mesure - lorsqu'un homme (ou une femme) politique parle de l'une de ses collègues de manière sexiste, dans les heures qui suivent, les media se déchaînent et font consensus sur le regrettable de ce qui a été dit.
Et donc, toutes proportions gardées, les propos ou actes de la femme politique qui ont déclenchés une remarque sexiste, sont potenciellement évacués du paysage. Ainsi, le fond n'est finalement pas débattue, remplacé par la polémique -qui n'en est plus une-, et enfin, par le consensus.

Au final, dans une certaine mesure, je me demande donc si il n'y a pas un avantage politique à paraître sexiste - et je dis bien paraître, parce qu'au fond, la plupart des remarques sexistes sont faites par des gens qui ne le pensent même pas: en effet, la personnalité incriminée perdra probablement mais momentanément quelques points de popularité dans les sondages, mais au moins, la femme politique victimisée n'en gagnera pas. Dans tous les cas, puisque le fond n'aura pas l'occasion de faire débat, le ou la sexiste de l'histoire perdra moins de points de popularité que si il y avait eu débat, et la pauvre victime de l'histoire n'en gagnera pas, ou si peu.
Plus que sexiste - ça reste sexiste puisque c'est une arme qu'on ne peut utiliser contre un homme-, c'est donc surtout antidémocratique.

Bref, il y a probablement un avantage à paraître sexiste. Bien sûr, on pourrait aller plus loin dans le débat en se demandant par exemple pourquoi une reflexion sexiste passe souvent pour de l'inélégance d'avantage que pour quelque chose de vraiment intolérable, mais ça n'est pas le sujet ici.
Je me disais juste que si le sexime est intolérable en politique, c'est aussi pour d'autres raisons auxquelles on ne pense pas forcément et que je viens de tenter d'exposer ici.

Enfin voilà, c'était la vieille tentative de pensée du dimanche :)

Friday, April 10, 2009

C'est la Crizzz! Heureusement, la CIA sauve votre emploi!


Chers tous,


Hier, je me suis rendue gaiement à mon cours de journalisme, Radio/TV News Recital Discussion Seminar (wouèèè gros...), tenu par l'excellent Kent Collins. Toute guillerette, je pénètre donc dans la salle de cours, et que vois-je?

Deux agents de la CIA, je te le donne en mille, Emile.

Bon, d'accord, je ne les ai pas reconnu immédiatement, il a fallu qu'ils (en l'occurence, elles) se présentent - bien qu'elles aient dit plus tard que ça n'étaient pas leurs vrais noms- pour que je m'en rende compte.

Donc, bref, tout ça pour dire que deux agentes de la CIA sont venues hier en cours de journalisme pour recruter.
Pourquoi des journalistes, me direz-vous?
Parce que ça n'ets précisément pas un diplôme, qu'ils cherchent, mais un profil. Et celui de l'étudiant en journalisme - qui aime enquêter, qui a une bonne culture générale, parle au moins deux langues, connaît bien l'actualité.... tout ça dans l'idéal -, correspond bien.

Donc bref, c'était assez drôle, elles ont expliqué qu'évidemment, les gens qui bossent pour eux ne sont pas journalistes en même temps, et ont donné une idée des postes qu'ils proposaient. Donc en gros, ils veulent envoyer des gens, qu'ils formeront, habiter deux ou trois ans ou parfois un peu moins, en Europe (Est/Ouest), Asie, Afrique.... en tant qu'agents sous couverture, pas en mode flics super entraînés (les agents en question, bien qu'on change leur nom, ne sont pas armés, on n'est pas dans 24 non plus), qui soit-disant bosseront à l'Ambassade ou truc du genre, mais qui en vrai auraient pour mission de se faire des contacts en rapport avec ce qu'on leur demande, et d'écrire des rapports tous les jours, en gros.

Bref, c'était assez drôle (je me répète); l'une des dames a dit que c'était excitant parce que "le rapport que vous écrivez un soir peut se retrouver sur le bureau du Président le lendemain matin" (moi je dis, vive internet, pas de décalage horaire).

Enfin voilà, quoi, c'était drôle.

Le soir, je suis allée à une conférence donné par Dr. Angela Davis, c'est à dire une légende, et donc c'était drôle parce que cette activiste ex-communiste féministe des Black Panters entre autres, et tout, était traquée par la CIA et placée à une époque (70s) comme l'une des 10 femmes les plus recherchées par le FBI.
Je vous raconterai ça dans un autre post, mais voilà, le truc de la CIA c'était rigolo (mais salaud, à l'occasion).


Contraste... inutile de préciser de quel côté mon coeur balance.

Monday, March 23, 2009

Fait divers et carte de presse.

Si vous vouliez conduire sous emphétamine, en dépassant la limite de vitesse autorisée, une bouteille de vodka ouverte à la main, à Columbia, c'est samedi soir dernier qu'il fallait le faire: vous ne vous seriez probablement pas fait prendre, simplement parce qu'à peu près tous les flics de la ville étaient massés autour du magazin Walgreens entre Providence et Broadway.

Accroche merdique, je le reconnais; enfin bref, tout ça pour vous narrer ma dernière aventure:

Samedi soir, vers minuit, j'étais tranquillement avec deux copains en train de rouler sur Broadway, quand une voiture de flics, sirènes urlentes, nous dépasse. Mon pote prend d'abord un peu peur -va-t-on lui demander de se ranger sur le bas côté?- pour se rendre compte ensuite que la voiture de policiers n'avait que faire de nous. Pas qu'il y ai eut aucune raison de nous arrêter, cela dit. ;)

Enfin bref, nous nous aperçevons assez vite qu'une petite vingtaine de voitures de flics entourent le Walgreens, et qu'une trentaine de policiers sont massés devant les entrées, arborant moult fusils à pompes et autres armes à feu.
Un peu interloqués, nous ralentissons pour voir ce qui se passe. On se met à imaginer une prise d'otages, un braquage qui aurait tourné, un truc un peu drôle quoi. "Rien qu'un nombre pareil de flics au même endroit en pleine nuit, c'est sûrement le plus gros truc qu'il soit arrivé à Columbia ces quinze dernières années!" s'exclame l'un de mes potes, en anglais en vrai, mais là, je traduis, héhé. Bref, Jacob (c'est son nom) décide de passer très vite chez lui pour chercher son appareil photo, et nous retournons, lui, Tim et moi, sur les lieux.
Tim et moi restons en retrait, tandis que Jacob n'a qu'à présenter, de loin, sa carte de presse (il travaille pour le journal local, le Columbia Missourian), pour que les flics le laissent entrer dans le périmètre de sécurité. La classe!

Enfin bref, nous restons là quelques dizaines de minutes, avec une petite quizaine de personnes qui s'amasse peu à peu sur le trottoir. Deux étudiants russes nous disent qu'ils étaient dans la boutique en train de choisir un pot de glace quand les flics sont entrés et leur ont crié de dégager fissa.
Une ambulance arrive, mais toujours pas de coup de feu. Nous attendons patiemment des nouvelles du front.

Enfin bref, finalement, les flics expliquent à Jacob qu'ils ont reçu un signalement d'une personne avec une arme à feu dans le Walgreens, mais que finalement, la personne en question n'avait qu'un couteau, et qu'ils l'ont juste trouvé dans le département pharmacie du Walgreens en train d'avaler un grand nombre de médicaments. A quoi ça sert de légaliser les armes à feu si c'est pour ne pas les utiliser, je vous le demande. Ironie, ironie, ais-je besoin de préciser... :)

Nous rentrons, mi-dépités, mi-excités (et Jacob de dire "c'est probablement le plus grand truc qui soit arrivé à Columbia dans les cinq dernières années", tiens, ça n'est plus que cinq). Sur le chemin du retour, nous nous rendons compte que l'ambulance, que nous suivons par hasard... s'arrête aux feux rouges. C'est donc que rien de très grave n'est arrivé au type qui mangeait les pillules.

Enfin bref, voilà la petite histoire du week-end. Le truc le plus excitant, c'est surtout le pouvoir de la carte de presse et puis d'avoir été là à ce moment là.

Note pour plus tard: ne plus laisser mon appareil photo à la maison. C'est qu'il s'en passe des choses dans le Missouri parfois...

Puisque chacun y va de son petit commentaire sur les mots du pape...

Le débat sur les mots du pape - qui, au passage, peut tout-à-fait être critiqué, même dans un pays laïque, en tant que leader d'opinion représentant une entitée dont la ligne "philosophique" impacte un nombre certains de personnes - est encore vivace. Pour autant, il me semble que c'est d'avantage la forme que le fond qui est débattue; ou, pour mieux le dire, que l'on débat plus de "les medias ont tronqué le discours du pape, bouh c'est mal!" (et ça l'est, mais encore...) que de ce qu'il peut réellement être fait sur le sujet. Par ailleurs, certains en viennent à tourner le Sidaction en dérision, et je trouve ça bien dommage. Et mesquin.

Que les medias se soient planté -et ça n'est nullement excusable- en tronquant les propos du pape, il faut absolument le reconnaître, et que les propos du pape aient une certaine cohérence avec le discours habituel de l'Eglise, on peut l'admettre mais ça n'est finalement pas (plus) le problème. "Plus" le problème, parce qu'une fois la vérité sur ses propos rétablie, il est peut-être temps de débattre du fond.

Que le discours du pape soit cohérent avec ce que sont ses habituelles prises de positions, c'est un fait mais pas une excuse. Je vais faire une analogie peut-être un peu foireuse, mais ça n'est pas parce que les attentats du 11 septembre sont cohérents avec les positions de qui les a organisés qu'ils en sont pour autant excusables.
Donc, que l'on replace ce discours dans la tradition de l'Eglise catholique, certes, mais honnêtement, je ne vois pas en quoi cela représente un quelconque contre-argument à quoi que ce soit. Ca n'est pas parce qu'une idée est millénaire qu'elle est toujours valable, ni qu'elle l'est universellement.

Certains mettent en avant le fait que les politiques d'abstinence sont plus efficaces que le preservatif. Comme les politiques d'abstinence sont plus efficaces que la contraception. Encore une fois, c'est certes cohérent avec le dogme catholique, et que chacun fasse ce qu'il veut à l'echelle individuelle ne me pose aucun problème, mais dans le cas du sida, il me semble que ça n'est juste pas une réponse pertinente et appropriée.

On a aussi dit que le discours du pape voulait replacer l'humanité au centre des relations sexuelles, en gros. Je cite "S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l'un envers l'autre".
De là à dire que les Africains sont des sauvages qui baisent comme des bêtes sans conscience, il n'y a qu'un pas...

Certes, replacer l'humanité au coeur du débat, c'est aussi faire preuve de compassion envers les malades etc. Là-dessus, ça n'est pas moi qui nierais que certains groupes catholiques font preuve de dévouement envers les malades du sida un peu partout dans le monde.
Et j'imagine que par "au contraire, cela risque d'augmenter le problème", le pape entendait que le préservatif était une fausse solution. Ce que personnellement je désapprouve totalement, mais bref, tout ça pour dire que ce débat n'a rien de nouveau et qu'il serait presque amusant - si le sujet n'était pas celui qu'il est- de voir tout le monde s'agiter dans tous les sens à propos des mots tronqués du pape.
C'est bien dommage que de nombreux partisans du pape fassent du sujet une vaste farce, en faisant de ce sujet un petit débat partisan mesquin, et en tournant le sidaction, et d'autres actions de ce genre, en ridicule. Au lieu de s'engager dans une vraie réflexion sur la question.

Thursday, February 5, 2009

Re!

Sous la pression populaire (enfin... celle d'Arthur), je me remets à ce blog.
Je continuerais à l'alimenter avec parcimonie, comme dirait mon pôpa, mais il ne faut pas trop m'en demander.
Bref, déjà deux lignes pour ne rien dire.

Quelques nouvelles, donc.
Je viens de commencer mon deuxième semestre, mes cours sont intéressants (surtout News Writing et Radio/TV Seminar), mais demandent beaucoup de travail. En parallèle, j'ai commencé il y a deux semaines à travailler pour l'une des cantines du campus, à mi-temps. Du vrai travail à la chaîne, bonjour-que puis-je vous servir-merci-aurevoir; mais ça paye (moyennement bien d'ailleurs, mais là n'est pas la question). Et puis, ça me payera mon voyage au Pérou; parce que, c'est décidé, je pars pour le Pérou pour une petite quizaine de jours sûrement, à la fin de l'année, en mai!

Enfin voilà, post assez inutile, mais c'est qu'il n'y a pas beaucoup à dire. On finit par s'acclimater si bien que plus grand-chose ne semble digne d'être raconté, c'est le problème.

Bon, n'ayant rien à dire, je vais néanmois relater ici une petite anecdote.
La semaine dernière, alors que je faisais plus ou moins connaissance avec mes collègues, plusieurs employés m'ont demandé... si il y avait des noirs en France. Notons qu'ils étaient noirs eux-mêmes, et que l'histoire des Etats-Unis fait que... enfin bref. Ensuite, ils m'ont demandé si les noirs de France venaient originairement d'Afrique.

Non, de Norvège.

Voilà.

Monday, December 8, 2008

Kansas City - Part 1





Incroyable mais vrai, Wichita, KS, a aussi ses musées




Nous avons été visiter deux musées à Wichita, Kansas: The Wichita Museum of Modern Art et celui sur les Natives American.